Portes Historiques de la médina
Portes historiques de la médina de Rabat
Des témoins monumentaux du passé
Édifiées à partir de la fin du XIIᵉ siècle, les portes de la médina de Rabat constituent de véritables chefs-d’œuvre de l’architecture militaire et décorative marocaine. Elles servaient autrefois à protéger la ville, à contrôler les échanges commerciaux et à affirmer la puissance des dynasties successives. Aujourd’hui, elles restent des repères urbains majeurs, lieux de passage quotidiens mais aussi symboles de mémoire et de patrimoine.
Parmi les nombreuses ouvertures qui ponctuent l’enceinte, quatre portes se distinguent par leur importance historique et architecturale : Bab El Had, Bab Laâlou, Bab Chellah et Bab El Bahr.
Bab El Had – La porte du Dimanche
Construite par le sultan almohade Yaacoub El Mansour, Bab El Had doit son nom au marché hebdomadaire du dimanche qui se tenait devant ses murailles. Flanquée de deux tours saillantes, son plan initial en chicane témoignait d’une vocation défensive. Transformée au début du protectorat pour faciliter la circulation, elle s’ouvre aujourd’hui directement sur le marché central et les ruelles commerçantes. Haut lieu de vie urbaine, Bab El Had reste une porte emblématique où se mêlent passé militaire et effervescence contemporaine.
Bab Laâlou – La porte de l’éminence
Érigée sur la colline dite Jabal Az-Za’faran, Bab Laâlou (porte de la hauteur) relie la médina à l’axe conduisant vers la kasbah des Oudayas. Sa structure défensive, typique des portes almohades, présente un plan à quatre coudes, renforcé par deux tourelles. Dépourvue de décorations ostentatoires, elle se distingue par la rigueur de son appareil de pierre et la puissance de sa silhouette, incarnant la fonction militaire de l’enceinte de Rabat.
Bab Chellah – Vers la nécropole mérinide
Située dans la muraille méridionale, Bab Chellah ouvrait sur l’ancien chemin menant au site archéologique du Chellah. Reconstruite au règne de Moulay Slimane (début XIXᵉ siècle), elle se singularise par son décor raffiné : arcs superposés, motifs losangés (ktaf-o-derj) et médaillons étoilés. Moins monumentale que les grandes portes almohades, elle illustre cependant l’esthétique sobre mais élégante de l’architecture alaouite.
Bab El Bahr – La porte de la mer
Percée dans la muraille longeant l’estuaire du Bouregreg, Bab El Bahr (porte de la mer) permettait autrefois de relier directement la médina aux quais marchands et à la rue des Consuls. Sa construction, attribuée au règne de Sidi Mohammed Ben Abdallah à la fin du XVIIIᵉ siècle, lui confère une allure sobre : un arc en plein cintre appareillé en pierre de taille, surmonté d’une inscription aujourd’hui érodée. Modeste en dimensions mais stratégique par son ouverture sur le fleuve, Bab El Bahr témoigne de la vocation portuaire de Rabat.
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